Le placement immobilier désigne toute opération d’acquisition d’un bien (appartement, maison, local) dans le but d’en tirer un revenu locatif ou une plus-value à la revente. En 2024, ce type d’investissement a connu un regain d’intérêt porté par la baisse progressive des taux de crédit et l’arrivée de profils d’acquéreurs plus jeunes, souvent primo-investisseurs.
Fin du dispositif Pinel : ce que la fiscalité locative perd en 2024
Le dispositif Pinel, qui offrait une réduction d’impôt en contrepartie d’un engagement de location dans le neuf, a fermé ses portes le 31 décembre 2024. Aucun nouvel investissement ne peut plus ouvrir droit à cet avantage fiscal, même dans les zones historiquement éligibles.
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Les investisseurs ayant acheté avant cette date conservent leurs droits jusqu’au terme de leur engagement, à condition de respecter les plafonds de loyers et de ressources des locataires. La disparition du Pinel laisse un vide que beaucoup de nouveaux entrants sur le marché immobilier n’avaient pas anticipé.
Cette suppression a un effet concret : les investisseurs qui comptaient sur la défiscalisation pour équilibrer leur opération doivent désormais raisonner autrement. Le rendement locatif brut, la qualité de l’emplacement et la capacité à maîtriser les charges deviennent les seuls critères de décision fiables.
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Dispositif Jeanbrun : le nouvel amortissement fiscal pour l’investissement locatif
Le relais du Pinel est assuré par le dispositif Jeanbrun (Relance Logement), entré en vigueur le 21 février 2026. Son fonctionnement diffère radicalement : il ne repose plus sur une réduction d’impôt directe, mais sur un mécanisme d’amortissement fiscal pouvant atteindre 80 % du prix d’acquisition.
Les taux d’amortissement annuels varient selon le niveau de décote de loyer consenti par le bailleur. Dans le neuf, ces taux oscillent entre 3,5 % et 5,5 % par an. Plus le loyer pratiqué est inférieur au marché, plus l’amortissement fiscal est élevé.
Pour un investisseur, cette mécanique change la donne. L’amortissement vient diminuer le revenu foncier imposable chaque année, ce qui réduit la pression fiscale pendant toute la durée de détention. Le bénéfice se mesure sur la durée, pas à l’entrée.
Conditions à remplir pour bénéficier du Jeanbrun
- Acquérir un logement neuf ou réhabilité dans une zone éligible et le mettre en location nue à titre de résidence principale du locataire.
- Pratiquer un loyer inférieur aux plafonds fixés par décret, avec une décote modulée selon la localisation du bien.
- Respecter les plafonds de ressources des locataires, similaires dans leur logique à ceux du Pinel mais recalibrés.
Réforme LMNP 2025 : la plus-value à la revente change de calcul
L’autre bascule fiscale majeure concerne la location meublée non professionnelle. Depuis le 15 février 2025, l’article 84 de la loi de finances pour 2025 impose la réintégration des amortissements pratiqués en LMNP dans le calcul de la plus-value lors de la revente.
Pendant la phase de location, rien ne change : l’amortissement du bien continue de réduire le bénéfice imposable. La différence se joue au moment de la cession. Les amortissements déduits viennent augmenter la plus-value taxable, ce qui alourdit significativement la fiscalité de sortie.
La stratégie qui consistait à neutraliser ses loyers par l’amortissement puis à revendre avec une plus-value faiblement taxée perd donc une grande partie de son attrait. Les nouveaux investisseurs en meublé doivent intégrer ce coût de sortie dans leur simulation financière dès l’achat.

Profil des nouveaux investisseurs immobiliers : motivations et freins en 2024
Selon un sondage réalisé par OpinionWay pour le réseau l’Adresse, 37 % des moins de 35 ans envisagent d’acheter un bien dans les deux ans, dont un tiers pour le mettre en location. Ce chiffre traduit un appétit réel pour le placement immobilier chez les jeunes actifs.
Leurs motivations principales se concentrent autour de trois axes :
- Dégager des revenus complémentaires réguliers grâce aux loyers perçus.
- Se constituer un patrimoine tangible, perçu comme plus stable que les placements financiers.
- Réaliser un placement considéré comme sûr sur le long terme, malgré les cycles de marché.
Des freins qui persistent malgré l’envie d’investir
Les craintes liées aux impayés de loyers, à la complexité de la gestion locative et au poids de la fiscalité restent les principaux obstacles. La hausse des volumes de ventes (environ 5 % au troisième trimestre 2024 par rapport à la même période en 2023) et celle des stocks de biens disponibles n’ont pas suffi à lever ces réticences chez tous les profils.
Les primo-accédants, resolvabilisés par la baisse des taux, reviennent sur le marché de l’achat résidentiel. Les investisseurs locatifs, eux, adoptent une posture plus prudente. L’attente de mesures publiques favorisant l’investissement locatif reste forte, notamment sur la sécurisation des revenus et la simplification administrative.
SCPI et immobilier indirect : une porte d’entrée pour les petits budgets
Les sociétés civiles de placement immobilier permettent d’accéder au marché immobilier sans acheter un bien en direct. L’investisseur acquiert des parts d’un portefeuille diversifié (bureaux, commerces, logistique, résidentiel) et perçoit des revenus proportionnels à sa mise.
Pour les nouveaux investisseurs disposant de quelques milliers d’euros, les SCPI représentent une alternative concrète à l’achat d’un appartement. La gestion est déléguée à une société spécialisée, ce qui supprime les contraintes liées aux locataires, aux travaux et à la vacance locative.
Le rendement des SCPI varie selon les secteurs et les gestionnaires. L’absence de gestion directe ne supprime pas le risque de perte en capital, ni celui de baisse des revenus distribués. L’immobilier indirect reste un placement à évaluer sur plusieurs années, pas sur un trimestre.
Le marché du placement immobilier en 2024 se caractérise par une transition fiscale profonde : disparition du Pinel, montée du dispositif Jeanbrun, durcissement de la fiscalité LMNP. Les investisseurs qui entrent sur ce marché aujourd’hui opèrent dans un cadre réglementaire sensiblement différent de celui d’il y a deux ans. Simuler précisément le coût fiscal sur toute la durée de détention, revente comprise, est devenu la première étape de toute décision d’achat.

