Depuis le 15 avril 2024, le contrôle technique ne concerne plus seulement les voitures. Les motos, scooters, quads et voitures sans permis y sont désormais soumis, avec un calendrier de rattrapage qui s’étale sur plusieurs années. Pour les automobilistes déjà rodés à l’exercice, les changements paraissent discrets, mais certains points de vérification se durcissent, et une réforme prévue en 2026 ajoute une couche supplémentaire liée aux rappels constructeurs.
Contrôle technique des deux-roues et quadricycles : le calendrier de rattrapage
Avant 2024, les véhicules de catégorie L (motos, scooters, cyclomoteurs, quads, voiturettes) échappaient au contrôle technique. Le décret n° 2023-974 et l’arrêté du 23 octobre 2023 ont mis fin à cette exception. L’obligation est entrée en vigueur le 15 avril 2024, mais tous les propriétaires ne sont pas convoqués en même temps.
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Le rattrapage suit la date de première immatriculation du véhicule :
- Véhicules immatriculés avant le 1er janvier 2017 : premier contrôle technique à effectuer avant le 31 décembre 2024.
- Immatriculés entre le 1er janvier 2017 et le 31 décembre 2019 : visite à réaliser en 2025.
- Immatriculés entre le 1er janvier 2020 et le 31 décembre 2021 : échéance fixée à 2026.
Les véhicules de collection mis en circulation avant le 1er janvier 1960 et les motos de compétition sont exemptés. Environ 90 points sont vérifiés, répartis en 8 catégories, couvrant le freinage, l’éclairage, la direction, la structure ou encore les émissions polluantes.
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Vous roulez en scooter 125 cm³ immatriculé en 2016 ? Votre premier passage au centre aurait dû avoir lieu avant fin 2024. Si vous ne l’avez pas encore fait, vous vous exposez à une amende forfaitaire.
Défaillances et contre-visite : ce qui coince lors du passage au centre
Pour les voitures, le contrôle technique n’a pas été réinventé en 2024. La grille de vérification reste structurée autour de plusieurs dizaines de points. Ce qui change, c’est la tolérance sur certains défauts.
Un point d’usure sur les disques de frein ou un jeu excessif dans une rotule de direction, qui passait autrefois avec une simple observation, peut désormais déclencher une défaillance majeure entraînant une contre-visite. Le contrôleur dispose de moins de marge d’appréciation sur les organes de sécurité visibles : plaquettes, amortisseurs, état des pneumatiques, feux.
Le résultat de la visite se décline en trois niveaux. Un résultat favorable signifie que le véhicule ne présente aucune défaillance critique. Une défaillance majeure impose une contre-visite dans un délai de deux mois. Une défaillance critique, plus rare, interdit la circulation immédiate du véhicule.
Points souvent sous-estimés par les automobilistes
Les problèmes de pare-brise fissuré dans le champ de vision du conducteur provoquent régulièrement des contre-visites. L’état des rétroviseurs, un feu de recul défaillant ou un voyant moteur allumé au tableau de bord sont aussi des motifs fréquents.
Préparer son véhicule quelques semaines avant la visite reste le moyen le plus fiable d’éviter une contre-visite. Un passage chez un garagiste pour vérifier l’éclairage, le freinage et les niveaux de liquides coûte moins cher qu’un second passage au centre.
Rappels constructeurs et airbags Takata : la réforme de 2026
La réforme la plus marquante ne date pas de 2024, mais entre en application début 2026. Depuis le 1er janvier 2026, les centres de contrôle technique vérifient si un véhicule fait l’objet d’un rappel constructeur grave. La mesure vise en priorité les airbags Takata classés en procédure « stop drive ».
Ces airbags, fabriqués avec un propulseur défectueux, peuvent projeter des fragments métalliques en cas de déclenchement. Le risque est mortel. Si votre voiture est équipée d’un airbag Takata en « stop drive », le véhicule est automatiquement mis en contre-visite et interdit de circulation tant que le remplacement n’est pas effectué par un garagiste agréé de la marque.

Comment savoir si votre voiture est concernée ? Le site officiel du ministère de la Transition écologique permet de vérifier avec le numéro d’immatriculation. Certains constructeurs contactent directement les propriétaires par courrier.
Extension prévue au 1er juin 2026
Depuis le 1er juin 2026, la vérification ne se limite plus aux airbags Takata. Elle couvre l’ensemble des rappels constructeurs graves déclarés depuis le début de l’année. Un défaut structurel sur un système de freinage, un problème électronique affectant la direction assistée ou tout autre rappel classé grave peut déclencher la même procédure : contre-visite obligatoire et interdiction de rouler avant réparation.
Cette extension change la nature du contrôle technique. Le centre ne se contente plus d’inspecter l’état visible du véhicule. Il consulte une base de données nationale pour croiser le numéro d’immatriculation avec les alertes en cours.
Prix du contrôle technique et anticipation des visites
Le prix d’un contrôle technique pour une voiture varie selon les centres, la région et le type de véhicule. Les écarts peuvent aller de quelques euros à une vingtaine d’euros d’un centre à l’autre dans la même ville. Pour les deux-roues, les premiers retours indiquent des tarifs souvent compris entre 50 et 85 euros selon les catégories.
En cas de contre-visite, le second passage génère un coût supplémentaire. Le prix d’une contre-visite dépend du nombre de points à revérifier, mais il représente une dépense évitable avec un minimum de préparation.
L’anticipation reste la meilleure stratégie. Vérifier la date de validité de son contrôle technique sur la carte grise, planifier la visite quelques semaines avant l’échéance et faire un pré-contrôle chez un garagiste permettent d’aborder le rendez-vous sans surprise.
Le contrôle technique en 2024 et 2026 marque une extension réelle du périmètre surveillé. Les propriétaires de deux-roues découvrent une obligation nouvelle, les automobilistes font face à des vérifications de rappels constructeurs qui n’existaient pas avant. Consulter régulièrement les alertes liées à son numéro d’immatriculation est devenu aussi utile que de surveiller l’usure de ses plaquettes de frein.

